‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 267 sur 744 · Rien, quelque chose · texte numérisé non relu

Rien, quelque chose

TAUTUi'FE, àrExompt*.

Délivrez-moi, Monsieur, de la criaillerie, Et daignez accomplir votre ordre, je vous prie.

l'exemi't.

Oui, c'est trop demeurer sans doute à l'accomiilir : Votre bouche à propos m'invite à le remplir; Et pour l'oxéculcr, suivez-moi tout à l'heure Dans la prison qu'on doit vous donner pour demeure.

TAlïTlTFE.

Qui? moi, Monsieur?

l'exempt. ^ Oui, vous.

TARTUrrE.

Pourquoi donc la prison?

l'exempt.

Ce n'est pas vous à qui j'en veux rendre raison. Remettez-vous, Monsieur, d'une alarme si chaude. Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude-. Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, Et que ne peut tromper tout l'art des imposteurs. D'un lin discernement sa grande âme pourvue Sur les choses toujours jette une droite vue ;

1. Cet e.iTtnj)l est un officier de la garde personnelle du roi: il ne saurait être un agent subalterne, dans la bouche duquel l'éloge du roi serait déplacé.

2. Pendant l'époque révolutionnaire, les acteurs remplaçaient cette apologie de Louis XIV par ces vei-s de Cailhava :

RemcUez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude. Ils sont passés cosjoui-s d'injustice et de fraude, Où, doublement perfide un calomniateur Ravissait à la fois et la vie et l'honneur. Celui-ci, ne pouvant, au gié de son envie, Prouver que votre ami trahissait la patrie Et vous traiter vous-même en criminel d'Etat, S'est fait connaître à fond pour un franc scélérat : Le monstre veut vous |)erdre ; et sa coupable audace Sous le glaive des lois l'enchaîne à votre place.

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