ACTE V, SCÈNE DERNIÈRE. 52ô
Au sein de la vertu fasse un heureux retour, (ju'il corrige sa vie on détestant son vice El puisse du grand Prince adoucir la justice, Tandis qu'à sa bonté vous irez à genoux llcndre * ce que demande un traitement si doux.
ORGON
Oui, c'est bien dit : allons à ses pieds avec joie Nous louer des bontés que son cœur nous déploie. Puis, acquittés un peu de ce premier devoir, Aux justes soins d'un autre il nous faudra pourvoir, Et par un doux hymen couronner en Vali're La flamme d'un amant généreux et sincère*.
1. Itt'connaiUc par des remerciements et des marques de respect.
2. On a maintes lois reproclié à ce dénouement du Tartuli'e d'être amené par l'intervention d'un élément nouveau, étranger à la pièce, la toute-puissance du roi. Mais la reconnaissance ne coinmaiidait pas seule à .Molière de faire jouer à Louis XIV le rcMe glorieux de justicier et d'arcliange foulant aux pieds le déuion de l'hypocrisie. 11 fallait évidemment qu'un dei(s e.r machina vint remettre toutes choses en place, car la mésaventure d'Orgon était sans issue, ou du moins le recours à la justice des tribunaux ne permettait pas d'amener une de ces conclusions rapides et saisissantes qui donnent pleine satisfaction aux désirs du spectateur. C'est donc tout autant en homme de théâtre qu en sujet reconnaissant que Molière a imaginé ce dénouement.
ou