Succès, dénouements
3. Ce passage est un souvenir de Montaigne : « Ce que la foitune, ce que la nature ou qr.el(|ue aultre cause estrangière produict en nous (le bon et de salutaire, c'est le privilège de la médecine de se l'attriliuer; tous les heureux succès qui arrivent au patient qui est sous son régime, c'est d'elle qu'il les tient ». {Essais, liv. Il, c. xxxvii.)
i. Impie en médecine. « Dieu, écrit Bossuet, n'a pas condamné la médecine, dont il est l'auteur. « Honorez, dit-il, le médecin... la médc- « cine vient de Dieu et elle aura les présents des rois.... » Dieu veut donc que l'on se serve de la médecine. » (Politique tirée de l'Écriture, X, V, 2.)
DON ju.vN. — C'est une des ^M-andes erreurs qui soit parmi les hommes'.
SGANAREi.LE. — Quoi ? VOUS HG crovcz pas au séné, ni à la casse*, ni au vin émétiqne'?
DON JUAN-. — Et poiinpioi veux-tu que j'y croie?
SGANARKLLE. — Vous avoz l'ànic bien mécréante. C.ppcnidant vous voyez, depuis un temps, que le vin éméti<ine l'ait bruire ses fuseaux. Ses miracles ont converti les plus incrédules esprits, et il n'y a pas trois senjaines (jue J'en ai vu, moi qui vous parle, un elïet merveilleux.
Dox JUAN. — Et quel ?
SGASARELLE. — Il v avait un homme qui, depuis six jours, était à l'agonie; on ne savait plus que lui ordonner, et tous les remèdes ne faisaient rien; on s'avisa à la fin de lui donner de l'émétique.
DON JUAN. — 11 réchappa, n'est-ce pas?
SG.VNARELLE. — iNou, il uiourut.
DON JUAN. — L'effet est admirable.
SGANAREI.LE. — Comment?il y avait six jours entiers qu'il ne pouvait mourir, et cela le fit mourir tout d'un coup. Voulez-vous rien de plus efficace?
DON JUAN. — Tu as raison.
sGANARELLE. — Mais laissous là la médecine, où* vous
1. Comparez la i\'ponse de BéralJe dans le Malade liiuujinuiri- (acte III, se. iii).