ACTE III, SCENE I
voyant passer, me sont venus demander mon avis sur différentes maladies.
DON JUAN. — Tu leur as répondu que tu n'y entendais rien ?
sr.ANARELi.E. — Moi ? Poiut du tout. J'ai voulu soutenir l'honneur de mon habit : j'ai raisonne sur le mal, et leur ai fait des ordonnances à chacun.
DON JUAN. — Et quels remèdes encore leur as-tu ordonnés ?
scANARELLE. — Ma foi ! Mousieur, j'en ai pris par où* j'en ai pu attraper; j'ai fait mes ordonnances à l'aventure, et ce serait une chose plaisante si les malades guérissaient, et qu'un m'en vînt remercier.
DON JUAN. — Et pourquoi non ? Par quelle raison n'auraistu pas les mêmes privilèges qu'ont tous les autres médecins? Ils n'ont pas plus de part que toi aux guérisons des malades, et tout leur art est pure grimace. Ils ne font rien que recevoir la gloire des heureux succès-, et tu peux profiter comme eux du bonheur du malade, et voir attribuer à tes remèdes tout ce qui peut venir des faveurs du hasard et des forces de la nature 5.
sGANAREi.LE. — Comuient, Monsieur, vous êtes aussi impie en médecine*?