‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 290 sur 744 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

DON jxjAN. — Ne vous étonnez pas si je m'informe des nouvelles de toute la famille, car j'y prends beaucoup d'intérêt.

M. DiM-\NCHE. — Nous vous somuics, Monsieur, inflniment obligés. Je....

DON JUAN, lui tendant la main. — Touchez doiic là, Monsieur Dimanche. Etes-vous bien de mes amis?

M. DLM.i.NciiE. — Monsieur, je suis votre serviteur.

DON jiAN. — Pariileul je suis à vous de tout mon cœur.

M. DiMANcuE — Vous m'houorcz trop. Je....

DON jiAN. — 11 n'y a rien que je ne fisse pour vous.

M. DiMANcuE. — Mousicur, vous avez trop de bouté pour moi.

DON fUAN. — Et cela sans intérêt, je vous prie de le croire.

M. DIMANCHE. — Jo u'ai poiut mérité cette grâce assuiément. Mais, Monsieur....

DON JUAN. — Oh çà. Monsieur Dimanche, sans façon, voulez-vous souper avec moi?

M. DuiANcuE. — Non, Monsieur, il faut que je m'en retourne tout à l'heure. Je....

DON JUAN, se levant — Allons, vite un flamljeau pour conduire M. Dimanche, et que quatre ou cint] de mes gens prennent des mousquetons pour l'escorter'.

M. DLMANCHE, se levant de même. — Monsieur, il n'est pas nécessaire, et je m'en irai bien tout seul. Mais....

(Sganarelle ôte les sièges ] ro nptement.)

DON JUAN. — Comment? Je veux qu'on vous escorte, et

C'est ainsi i(ue llégnier dit ynettre à chef pour : mener à bonne fin :

11 pense mellre à chef quelque belle entreprise.

[Satires, IX.)

1. Quoique la scène se passe en Sicile, il y a évidemment une allusion au peu de- sécurité que présentaient alors, pendant la nuit, les rues de l'aris.

348 DON JUAIS.

j(; m'intéresse trop à votre personne. Je suis votre servilear, et de plus voire débiteur.

M. DiMANCuii. — Ah! Monsieur

DON JUAN. — (l'est une chose ({iie je no cache pas, et je le dis à tout le monde.

BI. DIMANCIJE. — Si

DON jiAN. — Voulez-vous (jue vous jp reconduise ?

M. DiMANcuE. — Ah ! Mousicui', vous vous moipiez, Monsieur....

DON JL'AN. — Eird)i'assez-moi donc, s'il vous plait. Je vous prie encore une fois d'être persuadé que je suis tout à vous, et qu'il n'y a rien au inonde que je ne lisse* pour votre service, (il soit.)

sganaueijj:. — il faut avouer que vous avez en Monsieur un homme qui aous aime bien.

M. DiMANcuK. — 11 ost vrai ; il me fait tant de civilités cl lanl de compliments, que je ne saurais jamais lui demander de l'areent.

sGANAUELLE. — Je VOUS assurc que toute sa maison périrait pour vous; et je voudrais qu'il vous arrivât quelque chose, que quekiu'un s'avisât de vous donner des coups de bàlon : vous verriez de quelle manière....

M. DiMANcuE. — Je Ic crois ; mais, Sganarelle, je vous prie de lui dire un petit mot de mon argent.

SGANARELLE. — Oh ! uc VOUS uiettez pas en peine, il vous payera le mieux du monde.

M. DiMANcuE. -^ Mais vous, Sganarelle, vous me devez quelque chose en votre particulier.

s':;anai!ei.le. — Fi ! ne parlez pas de cela.

M. DI.MAXCUE. — Comment? Je....

SGANAUELLE. — ^s'e sais-jc pas bien (jue je vous dois?

1. Que je ne /((«st', dirions-nous aujoiircl'Iiui ; mais, an temps de Molière, les règles sur la concordance des temps étaient encore flottantes ou peu suivies. C'est ainsi que Mme de Sévigné écrit r « Il n'y a guère de gens qui valussent plus que nous ».

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