‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 293 sur 744 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

nous ciïoroons de leur ressembler ; et cet éclat de leurs actions qu'ils répandent sur nous, nous impose un engagement de leur faire le même honneur, de suivre les pas qu'ils nous tracent, et de ne point dégénérer de leurs vertas, si nous voulons être estimés leurs véritables descendants. Ainsi vous descendez en vain des aïeux dont vous i-tes né : ils vous désavouent pour leur sang, et tout ce iju'ils ont fait d'illustre ne vous donne aucun avantage; au contraire, l'éclat n'eu rejalliti sur vous qu'à votre déshonneur, et leur gloire est un flambeau qui éclaire aux yeux d'un chacun la honte de vos actions -. Apprenez entln ipi'un gentilhomme qui vit mal est un monstre dans la nature, que la vertu est le premier titre de noblesse, ipie je regarde bien moins au nom qu'on signe qu'aux aciions qu'on fait, et que je ferais plus d'état ^ du fils d'un crocheteur qui serait honnête homme, que du fils d'un monarque qui vivrait comme vous.

mensonges et ses perfidies. Ce rapprocliement s'impose d'autant plus ilii'on trouve ici des vers tout cornéliens, comme celui-ci : La naissance n'est rien où la vertu n'est pas.

M. Moland (Molière, t. III, p. i49) fait remarquer à ce proiios que tout ce passage du discours de don Louis est rythmé :

Ah! quelle bassesse est la vôtre!

Ne rougissez-vous point De mériter si peu votre naissance?

Êtes-vous en droit, dites-moi.

D'en tirer quel([iie vanité? etc.

Sur les vers blancs qu'on relève dans les conn'dies de Molière, voyei le Lexique de Génin, p. ii-1.

1. Rejailit : cotte ortliograjihe archaïque se trouve chez Malherbe, Corneille et Racine.

2. Cette idée se retrouve dans le discours de Marius (Salluste. Ju- (jurthn, 85) et la satire de Juvénal sur la Mollesse. En 1665, Êoileau écrivait (Sat. V, à Dangeau) :

Ce long amas d'aïeux que vous difFamez tous Sont autant de témoins qui parlent contre vous, Et tout ce grand éclat de leiu' gloire ternie Ne sert plus que de jour à votre ignominie.

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