DON JUAN,' SGANARELLE
SGANARELi.E. — Ah ! Mousieur, ([ue j'ai de joie de vous voir converti ! Il y a longtemps ipie j'attendais cela, et voilà, grâce au Ciel, tous mes souhaits accomplis.
Do.\ JUAN. — La peste le benêt !
SGANARELLE. — Comment, le benêt?
Du\' JLAN. — Quoi ? tu prends pour de bon argent ce que
1. Je ne me sens pas : on construit ordinaironient celle locution avec vn i-6g\me, en ajoutant, par exemple : de joie, etc.
"2. Cette métamorphose de Don Juan, qui met le comble à son infamie, a été préparée par Molière dans la troisième scène du premier acte, où Don Juan répond à Elvire qui lui reproche son abandon : « Il est assuré que je ne suis parti que pour vous fuir; non point parles raisons que vous pouvez vous figurer, mais par un pur motif de conscience, et pour ne croire pis qu'avec vous davantaj^'e je puisse vivre sans péclié. li m'est venu des scrupule-, Madame, et j'ai ouvert les yeux do l'âme sur ca que je faisais. J'ai fait réilexion que, ])0ur vous épjuser, je vous ai dérobée à la clôture d'un couvent, que vous avez l'ompu des vœux qui vous engageaient antre part, et que le Ciel est fort jaloux de ces sortes de choses. Le ropiintir m'a pris, et je crains le courroux célj.ste ».