SCÈNE IV MAHINETTE, GROS-RENÉ
MAI'.l.NKTTE.
Ha! la lâche personne !
GUOS-UKNK.
J'en l'oufiis de dépit.
Oh' le faible courayc!
MAP.l.NETTE,
GROS-RENE
J'en suis gonflé de rage.
-Ne l'imagine pas que je me rende ainsi.
MAltl.NETTE.
Et ne pense pas, loi, trouver ta dupe aussi.
Didiiclosqup jiigo cogit ahenfo?
(Livre III, ode ix.) AltVoJ de Musset traduit ainsi ces vers :
Eh ! quoi si dans notre pensée L'ancien amour se rallumait?
Sidemain V(''nns oll'fiisi'e Au jouy d'airain nous lameiiuiL?
GROS-RENÉ
Viens, viens frotter ton nez auprès de ma colère*.
MARINETTE
Tu nous prends pour un autre, et tu n'as pas aflaire A ma sotte maîtresse. Ardez^ le beau museau. Pour nous donner envie encore de sa peau ! Moi, j'aurais de l'amour pour ta chienne de face? Moi, je te chercherais? Ma foi, l'on t'en fricasse^ Des tilles comme nous!
GROS-RENÉ
Oui? tu le prends par là?
Tiens, tiens, sans y chercher tant de façon, voilà Ton beau galand de neige*, avec ta nompareille^ •' Il n'aura plus l'honneur d'être sur mon oreille.
5IARINETTE.
Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris,
Voilà ton demi-cent d'épingles de Paris,
Que tu me donnas hier avec tant de fanfare 6.
1. Ces termes vulgaires nous annoncent déjà que nous allons assister à une scène analogue à la précédente; mais le poète peindra avec autant de vérité l'amour simple et brutal des valets qu'il a fait la passion délicate et raffinée des maîtres. Ceci est, comme on dit en musique, une transposition.