ACTE III, SCENE I
ACASTE
Je m'abuse, te dis-je.
CLITANDRE
Esl-cc que de ses vœux Célimène l'a fait ([uelques secrets aveux?
ACASTE
Non, je suis maltraité.
CLITANDRE
Héponds-moi, je te prie.
ACASTE
Je n'ai que des rebuts'.
CLITANDRE
Laissons la raillerie, Et me* dis quel espoir on peut t'avoir donné.
ACASTE
Je suis le misérable, et toi le fortuné :
On a pour ma personne une aversion grande,
Et (pielqu'an de ces jours il faut que je me p.onde.
CLITANDKE.
0 rà, veux-tu, Marijuis, pour ajuster nos vonix, (Jiie nous toi!d)ions d'accord d'une chose tous deux? Une (jui pourra montrer^ une marque certaine
1. r)es rebuts, un mauvais accueil : on lac repousse et on me rebute.
Lorsque par les rebuts une Ame est détachée, Kile veut fuir l'objet dont elle fut touchée.
(Le Itéjnldmoiireux, I, i.)
'2. Lorsque deux ou plusieurs impératifs se suivaient et que le dernier était accompagné d'un pronom complément, on mettait ordinairement ce pronom avant le verbe. Cf. Corneille :
Sèche les pleurs, Sabine, ou tes cache à ma vue.
{Horace, IV, vu.)
3. Que si l'un peut montrer. Dans les constructions de ce genre, qur, accompagné du futur ou du conditionnel, équivaut à si quelqu'un.
420 LE MLSANTIIUOPE.
D'avoir meillciin; part au cœur de Célimène, L'aulrc ici leia place au vaiu(iueur prétendu', El le délivrera d'un rival assidu?
ACASÏE.
Ah, parbleu! tu me plais avec un tel langage. Et du bon de mon cœur^ à cela je m'engage. Mais, chut!
SCKNE 11