‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 394 sur 744 · ACTE V. SCÈNE DERNIÈRE · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE DERNIÈRE

Laissez-moi, .Maiiame, je vous prie, Vider mes intérêts* moi-même là-dessus.

Et ne vous chargez point de ces soins superflus. Mon cœur a beau vous voir prendre ici sa querelle. Il n'est point en état de payer ce grand zèle; Et ce n'est pas à vous que je pourrai songer. Si par un auti-e choix je cherche à me venger.

Hé! croyez-vous, Monsieur, qu'on ait cette pensée, Et que de vous avoir on soit tant empressée? Je vous trouve un esprit bien |ilein de vanité. Si de cette créance- il peut s'être flatté. Le rebut de Madame est une marchandise Dont on am-ait grand tort d'être si fort éprise. Détrompez-vous, de grâce, et portez-le moins haut'' : Ce ne sont pas des gens comme moi qu'il aous faut; Vous ferez bien encor de soupirer pour elle, El je brûle de voir une union si belle.

(Elle se relire.)

Hé bien! je me suis lu, malgré ce que je voi, Et j'ai laissé parler tout le monde avani moi : Ai-je pris sur moi-même un assez long empire. Et puis-je maintenant...?

t. Vider mes ««^éré/s : régler, arranger mes affaires anoi-uiême. La locution employée ici par Molièie semble avoir été créée par analogie avec : vider un débat, «ne querelle.

2. Créance : quoique créance ne fut autre dioso que croyance avec une prononciation différente, on voulut étalilir une distinction entre ces deux mots : croi/ance s'est dit des convictions religieuses: créance a désigné plutôt la confiance qu'inspirent les personnes.

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