LE MÉDECIM MALGRÉ LUI
i.rcAs. — Que n'ai-Je la laitguo aussi bian pondue?
GiînoNTE. — Ou ne peut pas mieux raisonner, sans rloute. Il n'y a qu'une seule chose qui m'a choqué : c'est l'endroit (lu foie et du cœur. Il nie semble que vous les placez autrement (pi'ils ne sont ; que le cœur est du côté gauche, et le l'oie du côté droit.
SQANARELXE. — Oui, Cela était autrefois ainsi; mais nous avons chanf4<5 tout cela, et nous faisons Uiaintcnant la médecine d'une méthode toute nouvelle.
f.iÎRONTE. — C'est ce que je ne savais pas, et je vous demande pardon de mon ignorante.
scANARELLE. — Il n'y a point de mal, et vous n'êtes pas obligé d'être aussi habile que nous.
GÉRONTE. — Assiu'ément. Mais, Monsieur, que croyez-vous qu'il faille faire à cette maladie?
sGANARELLE. — Cc quc jc crois qu"il faille faire?
GÉKoxTE. — Oui.
sGANAUELLE. — Mou avis est fpi'ou la remette sur son lit, et qu'on lui fasse prendre pour remède quantité de pain trempé dans du vin.
GÉRONTE. — ^ Pourquoi cela, Monsieur?
SGANARELLE. — Parce cpi'il y a dans le vin et le pain, mêlés ensemble, une vertu sympathique qui fait parler. Ne voyez-vous pas bien qu'on ne donne autre chose aux perroquets, et qu'ils apprennent à parler en mangeant de cela?
GÉRONTE. — Cela est vrai. Ah I le grand homme! Vile, quantité de pain et de vin 1
SGANARELLE. — Je reviendrai voir, sur le soir, en quel état elle sera. (A la Nourrice.) Doucement, vous. Monsieur, voilà une nourrice à laquelle il faut que je fasse quelques petits remèdes.
JACQUELINE. — Qui ? iTioi ? Jc uio porle le mieux du monde.
SGANAUELLE. — Taut pis, NouiTice, tant pis. Cette gramle santé est à craindre, et il ne sera mauvais de vous faii'e