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Les Sosies, 103G

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luiit do complaisance. Reconnaissons, il est vrai, que Molière en Irailanl ce sujet scabreux a montré une légèreté de touche et une décence dans l'expression, '(ni déguisent heureusement l'inconvenance de certaines situations. La peinture des amours de Jupiter et d'Alcmène respire parfois la volupté, nulle part la grivoiserie. On voit cependant avec quelle facilité un poète d'un goût moins sûr et moins délicat eût pu dans un pareil sujet se montrer pins « ami du peuple », et égayer le parterre aux dépens de la pudeur.

Cela n'a pas empêché la pièce do Molière d'être accusée d'immoralité : fort heureusement pour l'auteur de V Amphitryon, ce n'est qu'au dix-neuvième siècle qu'un critique malveillant, d'une érudition phis in<;énieuse que solide, a imaginé de voir dans cette imitation de Plante l'impudente glorilication des amours adultères de Louis XIV et de Mme de Montespan*. Au moment où fut jouée la pièce de Molière, l'adultère royal restait encore à demi voilé de mystère, et le poète comlcjne eût commis une grave indiscrétion en prenant pour thème une intrigue dont on ne parlait à la cour qu'en très grand secret. II serait encore plus difficile d'admettre cpie le yo\, voulant égayer les bourgeois de l'aris du spectacle de ses araoui'^, ait engagé Molière à les traduire sur la scène du Palais-Royal. Il est plus simple et plus vraisemblable de croire que Molière a imité V Amphitryon de Plante tout bonnement parce que le sujet lui plaisait, et lui paraissait foui'uir la matière d'une agréable et joyeuse comédie. 11 semble inutile de prêter d'autres considérations à un poète comique qui est en même temps directeur de théâtre.

1. [ifCicleror : Mémoire poin servir à l'histuire de la suciélé polie en France, chap. xxu, 1835.

AMPHITRYON

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