‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 413 sur 744 · ACTE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II

La verlu' de mon bras se perd dans le repos, F.t je cherche quelque dos, Pour me remettre en haleine.

Quel diable d'homme est-ce ci?

De mortelles frayeurs je sens mon âme atteinte.

Mais pourquoi trembler tant aussi?

Peut-être a-t-il dans rànic autant que moi de crainte,

Et que le drôle parle ainsi Pour me cacher sa peur sous une audace feinte? Oui. oui, ne soutirons point qu'on nous croie un oison . Si je ne suis hardi, tâchons de le paraître.

Faisons-nous du cœur par raison ; Il est seul, comme moi; je suis fort, j'ai bon maître-, Et voilà notre maison.

Oui va ià?

SOSIE

Moi.

MERCURE

Qui, moi?

SOSIE

Moi. Courage, Sosie!

MERCURE

ijuel est ton sort, dis-moi?

1. La vertu, c'est-à-dire la force de mon bras : verlii a ici le sens du latin f«>/«s; d'ailleurs les éditions de 1082 et de 173i donnent cette variante : la vigueur de mon bras.

2. « On dit que quelqu'un a bon maître pour dire qu'il est au service ou dans la dépendance d'un homme puissant qui le protégera. «■ [Dict. de l'Académie, 169t.)

49G AMl'IIITF.YON

SOSIE

Zs-tu maître ou valet?

Où s'adressent tes pas?

D'être homme, et de parler.

MERCURE

SOSIE

Gomme il me prend en\;ie.

MERCURE

SOSIE

Oi'i j'ai dessein d'aller.

MEKCURE.

Ah? ceci me déplaît.

SOSIE

J'en ai l'àme ravie.

Résolument, par force ou par amour.

Je veux savoir de toi, traître.

Ce que tu fais, d'où tu viens avant jour,

Où tu vas, à qui tu peux être.

Je fais le bien et le mal tour à tour; Je viens de là, vais là; j'appartiens à mon maître.

MERCIRE.

Tu montres de l'esprit, et je te vois en train De trancher avec moi de l'homme d'importance. Il me prend un désir, pour faire connaissance. De le donner un soufflet de ma main.

SOSIE

A moi-même?

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