ACTE IT
Econduit par Mercure u coups de Làton, Sosie n'est pa encore 3U Imut de ses peines ; il lui faut maintenant rendre compte de son ambassade à Amphitryon.
AMPH1TRY0N. SOSIE.
AMPHITRYON
Viens çà. Itourroaii, viens çà. Sais-!u, inaîiro IVipon, Ou'à te faire assommer ton discours peut suflirc? El que pour te traiter comme je le désire, Mou courroux n'attend qu'un iiàton?
Si vous le prenez sur ce ton, Monsieur, je n'ai plus rien à dire, Et vous aurez toujours raison,
AMPHITRYON
Quoi? tu veux me donner pour des vérités, traître, Des contes que je A^ois d'extravagance outrés?
SOSIE
Non : je suis le valet, et vous êtes le maîtr^ ; Il n'en sera. Monsieur, que ce que vous /oiidrez.
AMPHITRYON
Çà, je veux étouffer le courroux qui m'enflaniaie. Et tout du loncr t'ouïr sur ta commission.
510 AMPHITRYON
Il faut, avant que voir' ma lemme, Que je (léhrouille ici cette confusion.
Rappelle tous tes sens, rentre bien dans ton âme, Et réponds, mot pour mot, à chaque question.
Mais, de peur d'incongruité,
Dites-moi, de grâce, à l'avance, De quel air il vous plaît que ceci soit traité. Parlerai-je, Monsieur, selon ma conscience. Ou comme auprès des grands on le voit usité?
Faut-il dire la vérité.
Ou bien user de complaisance?
AMPHrrr>vo.\.
Non : je ne te veux obliger Qu'à me rendre de tout un compte fort sincère.
SOSIE
Biiii. c'est assez; laissez-moi faire :
Vous n'avez qu'à m'interroger.
AMPHITRYON
Sur l'ordre ([ue tantôt je t'avais su prescrire...?
SOSIE
Je suis parti, les cieux d'un noir crêpe voilés, Pestant fort contre vous dans ce fâcheux martyre, Et maudissant vingt fois l'ordre dont vous parlez.
AMPHITRYON
Comment, coquin?
1. On dirait aujourd'liui : avant que de voir; mais ceUr' construction est fréiiiionto au xvii» siècle. Cf. Corneille :
AvarU qi/'oPliiT des vœux je reçois des refus.
[Polyeucle, IV, vi.)