ACTE I. SCÈNE I. 5'r
mcz d'un vénlal)le amour, et que vous me serez fidèle ; je n'en veux point du tout douter, et je reirantlie mon chaa.v'in aux appréhensions du l)lànie * qu'on pourra me donner.
vALKisE. — Mais pourquoi cette inquiétude?
ÉLISE. — Je n'aurais rien à craindre, si tout le monde vous voyait des yeux dont je vous vois, et je trouve en votre personne de quoi avoir raison aux choses que je fais pour vous. Mon coeur, pour sa défense, a tout votre mérite, appuyé du secours d'une reconnaissance où le Ciel m'engage envers vous *. Je me représente à toute heure ce péril étonnant qui commença de nous offrir aux regards l'un de l'autre ; cette générosité surpienante qui vous lit risquer votre vie, pour dérober la mienne à la fureur des ondes ; ces soins pleins de tendresse que vous me fîtes éclater' après m'avoir tirée de l'eau, et les hommages assidus de cet ardent amour que ni le temps ni les difficultés n'ont rebuté, et qui vous faisant négliger et parents et patrie, arrête vos pas en ces lieux, y tient en ma faveur votre fortune* déguisée, et vous a réduit, pour me voir, à vous revêtir de l'emploi de domestique^ de mon père. Tout cela fait chez moi sans doute un merveilleux effet ; et c'en est assez à mes yeux pour me justifier l'engagement où j'ai pu consentir; mais ce
1. Jo borne mon chagrin à la crainte du hlàmo que pouira m'infliper l'opinion publique.
2. Le style d'Élise n'est pas moins qnintessencié que celui de Yalère. Elle veut dire que son cœur, pour se justifier d'avoir accueilli Valère, peut artrucr du mérite de ce soupirant, et aussi de la reconnaissance qui est due à l'auteur d'un héroïque sauvetage.