‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 48 sur 744 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

^airement. Dites: a Voilà un nécessaire* qui cUnnamlc si \ous êtes en conuuodité d'être visibles ».

MAROTTE. — Dame ! je n'entends point le latin, et je nai pas appris, comme vous, lafllofie* dans le Grand Cyre.

MAGDELON. — L'impertinente ! Le moyen de souffrir cela? Et qui est-il, le maître de ce laquais?

MAROTTE. — 11 me l'a nommé le marquis de Mascarille.

MAGDELON. — Ail ! ma chère, un marquis ^ ! Oui, allez dire qu'on nous peut voir. C'est sans doute un bel esprit qui aura ouï parler de nous.

cATHOs. — Assurément, ma chère.

MAGDELox. — 11 faul Ic n^ccvolr dans celte salle basse, plutôt qu'en notre chambre. Ajustons un peu nos cheveux au moins, et soutenons notre répulation. Vite, venez nous tendre ici dedans le conseiller des grâces *.

MAROTTE. — Par ma foi, je ne sais, point quelle bête ("est là : il faut parler chrétien ^, si vous voulez que je vous entende.

CATHOS. — Apportez-nous le miroir, ignorante que vous 'Mes, et gardez-vous bien d'en salir la glace par la communication de votre image.

1. Un nécessaire : « Les précieuses, dit Fureti(?re. ont appeli' un l.ii]uais un nécessaire, parce qu'on en a toujours besoin. »

'i. La philosophie dans le Grand Cyrus. Remarquons que Marotte, en francisant le nom de Cyrus, se conforme à l'usag-e de plusieurs contemporains qui, comme Corneille, ont dit : Brute, Agrippe, pour Brutus, Agrippa.

ô. C'est la première fois que Molière met en scène un marquis : 11 tn fera, comme il ledit lui-même, « le plaisant de la comédie ».

i. Cette périphrase précieuse a pour elle l'autorité de Martial, qui a .lit : Consilium formx, spéculum. « Miroir, conseiller de la beauté. » i.Liv. IX, épig. XII.) Elle n'en est pas moins ridicule.

'6. Parler chrétien, parler un langage que tout le monde entende-

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