HARPAGON
(11 crie au volpin-flès le iardin. et vient sans chapeau.) Au voleur 1 au voleur! a l'assassin! au nieurlrier! Justice, Juste Ciel ! je suis perdu, je suis assassiné, on m'a coupé la gorge • , on m'a dérobé mon argent. Oui peut-ce être? Qu'esL-il devenu? Où est-il? Où se oachet-il? Que ferai-je pour le trouver? Où courir? Où ne pas courir-? N'est -il point là? N'est-il point ici? Qui est-ce? Arrête. Rends-moi mon argent, cocpiin.... (H se ijiend luimême le bras.) Ah ! c'est moi. Mon esprit est troublé, et j'ignore où je suis, et ce que je fais '. Hélas ! mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! on rn'a pi'ivé de toi; et puisque tu m'es enlevé, j'ai perdu mon support*, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n'ai plus que faire au monde: sans toi, il m'est impossible de vivre. C'en est fait, je n'en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N'y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m'apprenant qui l'a pris ? Euh ? que dites-vous ? Ce n'est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu'avec beaucoup de soin on ait épié l'heure ; et l'on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller quérir la justice, et faire donner la
1. Nous donnons ici les principaux passages de l' Aululnire {IV, \ii), qui ont été mis à profit par Molière dans le monologue : « Je suis perdu ! Je suis mort ! Je suis assassiné ! »