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Au, dans le contrat

•i. S'est coulé, s'est glissé traîtreusement et sans bruit : c'est ainsi

Av::te V, scène y. ci3

doiiiesîitiue, [mur me dérober mon arpent et pour nie suborner ma tille.

vALÈRE. — Qui songe à votre argent, dctnt vous me faites un galimatias ?

HARPAGON. — Oui, ils se sont donné Tun à Tautre une promesse de mariage, (k't atl'ront vous regarde. Seigneur Anselme, et c'est vous qui devez vous rendre partie* contre lui, et faire toutes les ]»ours)ntes de la justice, pour vous venger de son insolence.

ANSELME. — Ce n'est pas mon dessein de me faire épouser par foice, et de rien prétendre à un cœur qui se serait donné ; mais pour vos intérêts, je suis prêt à les embrasser ainsi que les miens proj)res.

HARPAGON. — Voilà Mousicur qui est un lionnète commissaire, qui n'oubliera rien, à ce qu'il m'a dit, de la fonction de son oftîce. Chargez-le connue il faut. Monsieiu", et rendez les choses bien criminelles.

VALÈRE. — Je ne vois pas quel crime on me peut faire de la passion que j'ai pour votre fille ; et le supplice où vous croyez que je puisse être condamné pour notre engagement, lorsqu'on saura qui je suis....

HARPAGON. — Je me moque de tous ces contes ; et le monde aujoind'hui n'est plein que de ces larrons de noblesse, que de ces imposteurs, qui tirent avantage de leur obscurité, et s'habillent insolemment du promi(>r nom illustre qu'ils s'avisent de prendre-.

que Dorante, parlant de ses furtives amours avec Orpliise, dit à son père :

En son (|u.irtifr souvent ^c me coiiltiis sans l)ruit.

{Le Menteur, II, v.)

1. Vous rendre partie, l'attaquer en justice, et devenir ainsi ce qu'on appelle, dans la langue du palais, sa partie. Cf. Racine :

Ma partie est puissante, et j'ai lieu de tout craindre.

(Les Plaideurs, 1, vu.)

2. Dans l'École des femmes (voyez p. 120) Molière s'était déjà moqué de ces « larrons do noblesse », que Louis XIV avait fait reehercher à

61 1 f;avahe.

vAi.fcnE. — Sachez (ju(^ j'ai le co'ur linp hou' pour ino parer de quelque chose (|ui ne suit point à moi, (;t que tout Naplcs peut, reuflrc léinoignago rie ma naissance.

ANSELME. — Tout beau ! prenez ganie à ce que vous allez dii-e. Vous l'isquez ici plus que vous ne pensez; et vous |)aiiez devant un houune à qui tout Naples est connu, et qui peut aisément voir clair dans l'histoire que vous ferez.

vAi,Kr,E, on iiieti:nit (irif'iÈieiii suri (iuiiiciii. — Je ne suis point honnne à rien craindre, et si Naples vous est connu, vous savez qui était Doni Thomas d'AIhurcy?

ANSELME. — Sans doute, Je le sais; et peu de gens l'ont connu mieux que moi.

iiAr.i'AGON. — Je ne me soucie ni de Dom Thomas ni de Dom Martin.

ANSELME. — De grâce, laissez-le parler, nous verrons ce qu'il en veut dire.

VALÈRE. — Je veux dire que c'est lui qui m'a donné le jour.

ANSELME. — Lui?

VALÈKE. (hli.

ANSELME. — Allez ; vous vous moquez. Cherchez quelque autre histoire qui vous puisse mieux réussir, et ne prétendez pas vous sauver sous cette imposture.

vALiiRE. — Songez à mieux parler. Ce n'est point une imposture ; et je n'avance rien ici (|n"il ne me soit aisé de justifier.

l)liibiêiirs reprises, parce que cette usurpation tic titres nobiliaires, en exemptant des impôts, portait un préjudice sensible au trésor royal.

1. Trop bon, trop noble et trop fier. C'est dans ce sens que Régnier dit :

.... .Veus res|iiit si han que j'aimai ta vertu.

[Satires, IX.) Et Corneille :

,1e sais ce qu'est Lucrèce ; elle est sage et discrète, A lui faire présent mes efforts seraient vains, Elle a le cœur trop bon.

(Le Meilleur, IV, i.)

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