‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 518 sur 744 · ACTE I, SCKNE II. 65ô · texte numérisé non relu

ACTE I, SCKNE II. 65ô

irune arnit'O. ne dit-on pas toujonrs : n In tel a lail un mauvais pas' dans une telle altaire? »

MONsiEir. JOURDAIN. — Oui, on dit cela.

MAÎTr.E À DANSEP.. — Et lairo un mauvais pas peut-il procéder d'autre chose que de ne savoir pas danser?

MONsiEi r. jdLUDAiN'. — Cela est vrai, vous avez raison tous deux.

MAÎTiiE À DANSER. — C'est pour VOUS l'airc voir l'exceilence et l'ulilité de la danse et de la musique.

MONSIEIR JOURDAIN. — Je comprends cela à cette heure.

MAÎTRE DE MisiijiE. — Vouk'z-vous voii' uos deux alfaircs?

MONSIEUR JOURDAIN. Oui.

MAÎTr.E DE MUSIQUE. — Jc VOUS l'ai dt'jà dit, c'est un petit essai que j'ai lait autrefois des diverses passions que i)eut exprimer la musique.

MONSIEUR JOURDAIN. Fort hiCU.

MAÎTRE DE MUSIQUE. — Alloiis, avaucez. Il faut vous figurer qu'ils sont habillés en bei'irers.

MONSIEUR JOURDAIN. — Poiiuquoi toujiiius des herijers? On ne voit que cela partout*.

MAÎTRE À DANSER, y— Lorsqu'oii a des personnes à faire parler eu musicpie, il faut bien que. pour la vraisemblance, on donne dans la bergerie. Le chant a été de fout temps alfeclé aux bergers; et il n'est guère naturel en dialogue que des princes ou des bourgeois chantent leurs passions^.

MONsiEur. JOURDAIN. — Passe, pusse. Voyons.

Page 1