ACTE I, SCÈNE II. C
PREJllEK MUSICIEN.
Que tu m'es précieuse!
MLSICIE.NXE.
Que tu plais à mon cœur!
SECOND MUSICIEN
Que lu me fais d'horreur!
PKEMIER MUSICIEN.
Ail! quille pour aimer celle haine mortelle.
MUSICIENNE
On peut, on peut te montrer Une bergère fidèle.
SECOND MUSICIEN
Hélas! oh la rencontrer?
MUSICIENNE
Pour défendre noire gloire.
Je te veux offrir mon cœur.
SECOND MUSICIEN
Mais, Bergère, puis-je croire Qu'il ne sera point trompeur?
MUSICIENNE
Voijons par expérience
Qui des deux aimera mieux.
SECOND MUSICIEN
Qui manquera de constance.
Le puissent perdre les Dieux!
TOUS TUOiS.
A (les ardeurs si belles Laissons-nous enflammer :
Ah! qu'il est doux d'aimer.
Quand deux cœurs sont fidèlesi
C36 LE BOURGEOIS GENTILHOIIME.
MONSIEUR JOURDAIN. — Est-CG tOUt?
MAÎTRE DE MUSIQUE. — Oui.
MONSIEUR JOURDAIN. — Je trouve cela bien troussé*, et il y a là dedans de petits dictons^ assez jolis.
MAÎTRE À DANSER. — Voici, poTir iiiou affaire, un petit essai des plus beaux mouvements, des plus belles attitudes dont une danse puisse être variée.
MONSIEUR JOURDAIN. — Soiit-cc eucoue dcs bergers?
MAÎTRE À DANSER. — C'est 06 qu'il VOUS plaira. Allons.
Quatre Danseurs exécutent tous les mouvements différents et toutes les sortes de pas que le Maître à danser leur commande ; et cette danse fait le premier intermède.
1. Troussé, bien tourné; ce mot est employé avec le même apropos par îl. de Pourceaugnac, qui dit (1, iv): « C'était un repas bien troussév.