‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 543 sur 744 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

.NICOLE. — Est-ce que vous avez envie de tuer quelqu'un?

MONSIEUR JOURDAIN. — Taiscz-vous, VOUS dis-je : vous êtes des ignorantes l'une et l'autre, et vous ne savez pas les prérogatives' de tout cela.

\ MADAME JOURDAIN. — Vous devricz bien plutôt songer à marier votre fille, qui est en âge d'être pourvue*.

MONSIEUR JOURDAIN. — Je sougerai à marier ma lille quand il se présentera un parti pour elle; mais je veux songer aussi à apprendre les belles choses.

NICOLE. — J'ai encore oui dire. Madame, qu'il a pris aujourd'hui, pour renfort de potage '% un maître de philosophie.

MONSIEUR JOURDAIN. — Foi't bicii : je veux avoir de l'esprit, cl sai'oir raisonner des choses parmi les honnêtes gens.

MADAME JOURDAIN. — .N'ircz-vous poiut l'uu dc ces jours au collège vous faire donner le fouet, à votre âge"?

MONSIEUR JOURDAIN. — Pourquoi non? l'Iùt à Dieu l'aA'oir* tout à l'heure, le fouet, devant tout le monde, et savoir ce qu'on apprend au collège !

NICOLE. — Oui, ma foi! cela vous rendiait la jjiinbe bien mieux faite.

MONSIEUR JOURDAIN. SaP.S doUlC.

1. Lc-^ préror/dth'cs, synonyme prétentieux d'dvtinlntjc.i. qui convient l'ien à la vanité aristocratique de M. Jourdain ; il emploie certains mots qu'il croit du bel iisrifje, sans trop bien en connaître le sens.

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