‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 555 sur 744 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

DORANTE. — Mademoiselle votre lille, où est-elle, que je ne la vois point'?

MADAME joLRDAiN. — Madoîr.oiselle l'-iii lille est bien où elle est.

DORANTE. — (Comment se |JOiie-t-el!.'':

MADAME JOURDAIN. — Elle SB portc sui' ses deux jambes.

DORANTE. — Ne voulez-vous point un de ces jours venir voir, avec elle, le ballet et la comédie que l'on fait chez le Roi?

MADAME JOURDAIN. — Oui Vraiment, nous avons fort envie de rire, fort envie de rire nous avons.

DORANTE. — Je pense, Madame Jourdain, que vous avez eu bien des amants dans votre jeune âge, belle et d"agréable humeur comme vous étiez.

MADAME JOURDAIN. — Tredauie*, Monsieur, est-ce ({ue Madame Jourdain est décrépite, et la tèlc lui grouillet-elle^ déjà?

DORANTE. — Ah, ma foi! Madame Jourdain, je vous demande pardon. Je ne songeais jias que vous êtes jeune, et je rêve* le plus souvent. Je vous prie d'excuser mon impertinence.

bourgeois contraste avec les prt'tentions ai istocratiques de son mari, emploie ici un quolibet populaire, qui depuis longtemps, car on on trouve de nombreux exemples, servait à repousser les importuns.

1. Que je ne la vois point, puisque je ne la vois point : au xvii' siècle, (/lie suffisait à rendre seul le sens que nous exprimons aujourd'hui par divei%es locutions conjonctives. Cf. p. o73, note 2.

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