‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 556 sur 744 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

MONSIEUR JOURDAIN, MADAME JOUuDALN, DORANTE, NICOLE.

MONsiEUUJOUi'.n.viN. — Voilà fleux cents louis bien comptes.

DORANTE. — Je vous assuFc, MoiisieuF Jourdain, que je suis tout à vous, et ([ue je brûle do vous rendre un service à la cour.

MONSIEUR JOURDAIN. — Je VOUS sujs trop obligé.

DORANTE. — Si Madame Jourdain veut voir le ùivertissement royal, je lui ferai donner les meilleures places de la salle'.

MADAME JOURDAIN. — Madame Jourdain vous baise les mains 2.

DORANTE, bas, à M. Jourdain, — Noire belle marquise, comme je vous ai mandé par mon billet, viendra tantôt ici pour le ballet et le repas, et je l'ai fait consentir enfin au cadeau^ que vous lui voulez donner.

MONSIEUR JOURDAIN. — Tlrous-nous un peu plus loin *, pour cause.

DORANTE. — Il y a huit jours (|uo je ne vous ai vu, et je ne vous ai point mandé de nouvelles du diamant que vous me mîtes cnli'e les mains pour lui en faire présent de votropart; mais c'est que j'ai eu toutes les peines du

■i. Cette promesse en l'air devait particulièrement amuser les spectateurs de la première représentation du Bourgeois f/eniillwmmf, les rares privilégiés admis à voir le divertissenient royal de Chambord.

2. Vous baise les mains : formule de remerciement ou, comme ici, de refus, analogue à celle-ci que nous avons déjà rencontrée (voy. p. 87, 'lote 1) : je suis votre valet, je suis votre servante.

3. Cadeau : ce mot désigne ici non pas un objet, un bijou, par exemple, oflert par M. Jourdain à Dorimène, mais un repas, une collation accompagnée d'un concert et d'un ballet; c'est dans ce sens qu'on disait : donner cadeau à une dame. Le mot cadeau a perdu assez rapidement cette signification. Cf. les Précieuses ridicules, p. 70.

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