‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 571 sur 744 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

DORIMÈ^E, DORANTE, Laquais.

LAQUAIS. — Monsieur dil coniine cela qu'il va venir ici tout à l'heure.

DOUANTE. — Voilà (jui est bien.

Doiîi.MÈNE. — Je ne sais pas, Doranio, je fais encore ici une étrange démarche, de me laisser amener par vous dans une maison où je ne connais personne.

DOUANTE. — Quel lieu voulez-vous donc, Madame, que mon amour choisisse pour vous régaler', puisque, pour fuir l'éclat-, vous ne voulez ni voli'e maison, ni la mienne?

DORiMiJNE. — Mais vous ne dites pas que je m'engage insensiblement, cha(iue jour, à recevoir de trop grands témoignages de votre passion'? J'ai beau me défendre des choses, vous fatiguez ma résistance, et vous avez une civile oi»iMi;Ureté qui me fait venir doucement à tout ce qu'il vous plaît. Les visites fréquentes ont commencé; les déclarations sont venues ensuite, qui après elles ont traîné les sérénades et les cadeaux s, que les présents ont suivis. Je me suis opposée à tout cela, mais vous ne vous rebutez point, et, pied à jiied, vous gagnez mes résolutions*. Pour moi, je ne puis plus répondre de rien, et je crois qu'à la tin vous me ferez venir au mariage, dont je me suis tant éloignée.

1. Rrgaler a ici un sens très «'tendu, et désigne tous les divertissements qui vont être olFerls à Dorimène aux frais de M. Jourdain.

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