‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 570 sur 744 · ACTE III, SCÈNE \IV G · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE \IV G

ridicule'. Tout cela sent un peu sa comédie; mais aveclui on peut hasarder toute chose, il n'y faut point chercher tant de façons, et il est homme à y jouer son rôle à merveille, à donner aisément dans toutes les fariboles qu'on s'avisera de lui dire. J'ai les acteurs, j'ai les habits tout prêts : laissez-moi faire seulement.

CLÉONTE. — Mais apprends-moi....

coviELLE. — Je vais vous instruire de tout. Relironsnous, le voilà qui revient.

SCÈNR \!V MOiNSIEUR JOLRDAIN, I.auiais.

MONsiEiT. joLT.DAix. — Quo diabic est-ce là ! ils n'or.t rien que les prands seigneurs à me reprocher-; et moi, je ne vois rien de si beau que de hanter les grands seigneurs : il n'y a qu'honneur et que civilité avec eux, et je voudrais qu'il m'eût coulé deux doigts de la main, et être né comte ou marquis.

LAQUAIS. — Monsieur, voici Monsieur le C.onitc, et une dame qu'il mène par la main.

MONsiEiu joiiîDAiN. — Hé uiou l)i('u ! j'ai quel(|ues ordres à donner. Dis-leur (pie je vais venir ici tout à l'heure.

;iussi le mol français burlesque. Il ne faut pas confondre le mot bourle avec bourde, qui signifie mensonge, et a une autre origine ; c'est ainsi i|u'on lit dans Corneille :

Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes.

{Le Menteur, III, v.) 1. Ridicule : Voyez p. o72, note i, et page 152, note 1. •2. Ils ne font que me reprocher les grands seigneurs, dont je sui enticlié.

692 LE DOURGEUIS (JENTILIIUMME.

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