‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 576 sur 744 · DORANTE, DORTMÈNE, MONSIEUR JOURDAIN · texte numérisé non relu

DORANTE, DORTMÈNE, MONSIEUR JOURDAIN

DELx Musiciens, une Musicienne, Laquais.

DouuiÈNE. — Comment, Dorante? voilà un repas tout à /ait magnifique.

woNsiEuu joui;i>AiN. — Vous VOUS inoquez. Madame, et je voudrais qu'il lût plus digne de vous être oITert.

(Tous se niellent à table.)

DORANTE. — Monsieur Jourdain a raison. Madame, de parler de la sorte, et il m'oblige de vous faire si bien les honneurs de chez lui. Je demeure d'accord avec lui que le repas n'est pas digne de vous. Comme c'est moi qui l'ai ordonni', et ([uo je n'ai pas sur cette matière les lumières de nos amis, vous n'avez pas ici un repas fort savant, et vous y trouverez des incongruités de bonne chère, et des barbarismes de bon goût*. Si Damis s'en était mêlé, tout serait dans les règles ; il y aurait partout de l'élégance et de l'érudition, et il ne manquerait pas de vous exagérer lui-même toutes les pièces du repas qu'il vous donnerait, et de vous faire tomber d'accord de sa haute capacité dans la science des bons morceaux, de vous parler d'un pain de rive*, à biseau doré, relevé de croûte partout, croquant tendrement sous la dent ; d'un vin à sève veloutée, armé

I. Comme Belise, au dire de Clirysale,fait des soléciames en conduite.

L Un pain de rive est un pain qui, ayant été placé au bord du four, ^t par conséquent n'ayant pas été en contact avec le,s autres pains, est bien cuit sur les bords et a un biseau doré, au lieu de cette bnisiire qui ressemble à de la mie. [Noted'Aucjer.)

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