‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 597 sur 744 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LLCILE, MONSIFAR JOIROAIN, DORANTE, DORIMÈNE, etc.

MoNsiK.i u joLunAiN. — Voiiez. iiia fille, approilioz-vous, et venez donner voire main à Monsieur, cpii vous l'ail l'Iionueur de vous demander en mariage.

LUcii.E. — Comment, mon prre, comme vous voilà fait! est-ce une comédie que vous jouez?

MONsiF.iR joLP.DAiN. — Nou, iioii, oe ii'esl |)as une coméd'e, c'est Jiue affaire fort sérieuse, et la plus pleine d'iiuuneur |)Our vous qui se peut souhaiter. Voilà le mari que je vous donne.

LLcii.E. — .V moi, mon père!

MONSIEUR JOURDAIN. — Oui, à VOUS: alloiis, louchez-lui dans la main', et rendez grâce au Ciid de votre bonheur.

LtciLE. — Je ne veux point me marier.

MONSIEUR jouRBAiN. — Je le vcux, moi qui suis voire père.

LuciLE. — Je n'en ferai rien.

MONSIEUR JOURDAIN. — Ah! quo (le bruit ! Allons, vous disj;>. Çà votre main.

Lucii.E. — Non, mon père, je vous l'ai dil, il n'est point

1. « Allons, ma fille..., » dit Chrysalc à nenrioUe, au dôljiil do la scène VI de l'acte III des Femmes savantes :

Otez ce |;ant. touchez 5 Monsieur dans la main,

Et le considérez di'sormais dans votre Ame

En homme dont je veux que vous soyez la femme.

718 LE DOUliGEUlS GENTILHOMME.

(le pouvoir (\nï me puisse obliger à prendre un autre niaii que Oéonte; je ne me résoudrai plutôt à toutes les extrémités, que de... (Reconnaissant Clôonte.) Il est vrai que VOUS iMcs mon père, je vous dois entièie obéissance, et c'est à vous à disposer de moi selon vos volontés.

mo.NsiiiUR jounDAiN. — Ah! je suis ravi de vous voir si promplement revenue dans votre devoir, et voilà qui me niaîl, d'avoir une lille obéissante.

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