‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 624 sur 744 · Suivie, accompagnée de tendresse · texte numérisé non relu

Suivie, accompagnée de tendresse

l. l'n nœud cpii a des oppas pourrait paraître assez mal ccril, si ces mots n'avaient pas perdu leur sens méta))horique, et n'étaient i)as devenus de simples synonymes de mariiige et de plaisirs.

5. Molière a fait du mot étfKje un même emploi figuré dans sa Prcfacp du Tartuffe : « C'est un haut éla<ie de vertu que cette pleine insensihilité où ils veulent faire monter notre âme «.

G. Se claquemurer, se renfermer étroitement. On construit ordinairement ce verbe avec la préposilioÊi tiaus. Mais l'emijloi de la préposition à ('•lait beaucoup plus ('tendu au xvii* siècle (pie de nos jours.

7. ('/( iilule. Le genre d'idole n'était pas encore fixé au temps de Molière. Malheibe, Corneille, La Konlaine \o. font toui- à tour féminin et masculin. Cette indécision, (pii pouvait ètie couiuiode pour les poètes, se retrouve aussi chez les prosateurs; M. Marly-Laveaux cite cet exemple de Patru : « L'idulc au dedans éluit plein d'or ». {Lej:ique de Corneille, tome II, p. i.)

748 LES FEMMES SAVAINTES.

Ia's bas ainuseniciils de ces sortes d'aHaircs;

A de plus hauts objets élevez vos désirs,

Songez à prendre un goût des plus nobles plaisirs,

Et trailant de mépris' les sens et la matière,

A l'esprit comme nous donnez-vous tout entière.

Votis avez notre mère en exemple à vos yeux'-*,

Que du nom de savante; on honore en tous lieux :

Tâchez ainsi qu(; moi de vous montrer sa fdle,

Aspirez aux clartés^ qui sont dans la i'aniille,

Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs

Oue l'amour de l'étude éi)auche dans les cœurs;

Loin d'être aux lois d'un homme en esclave asservie*,

Mariez-vous, ma sœur, à la philosophie •%

(jui nous monte*' au-dessus de tout le genre humain,

Et domie à la raison l'empire souverain.

Soumettant à ses lois la partie animale,

Dont l'appétit grossier aux bêles nous ravale.

Ce sont là les beaux feux, les doux attachemeuls,

(jui doivent de la vie occuper les moments;

1. Traiiaiil de mépris : on dirait aiijourd'IiiM avec mépris; mais plusieurs exemples île celle locution, cpi'on relèv» dans Coi'neillc. suffisent à justifier Molière; Corneille a dit aussi : traiter de rigueur.

2. Servant à vos yeux d'exemple. C'est ainsi que Mme Pornelle dit à Elmii-e {Tartuffe, 1, i.) :

Vous devriez leur mettre un bon exemple aux yeux.

3. Clartés, lumières, science. Nous reverrons ce mot dans le même sens (acte I, se. lu) :

Je consens qif une femme ait des elurlés de tout.

i. Second grief d'Armaudc et de certaines ju'écieuses contre le mariage : il lilessc l'amour-propre des femmes en leur imposant un joug humiliant.

5. C'est le conseil que Philaminte donnera à Armande elle-même à la lin de la i)ièce : voyez acte V, scène dernièi(\

6. Nous monte, nous élève. Corneille a dit de même dans l'Illusion comique (acte IV, se. x) :

Ai)rès un tel liunheur, beux ans les ont montés en haut degré d'honneur.

Page 1