‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 638 sur 744 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ClIRYSALE, ARISTE

AltlSTK.

Ah ! Dieu vous gard' \ mon Irèrc !

CHRYSAI.K.

Et vous aussi.

Mon frère.

ARISTE

Savez-vous ce rpii m'amène ici ?

CUr.YSAI.E.

Non ; mais, si vous voulez, je suis prêt à l'apprendre.

ARISTE

Depuis assez longtemps vous connaissez Clilandre ?

CHRYSAI.E.

Sans doute, et je le vois qui fréquente chez nous-.

1. Dieu V07IS {! ft r d' ! hans, celU'. fornmlc do salut on supprime IV de <^«(Y/f, sans doute pour se conformer à la |irononciation qui n'en tient pas compte.

2. Fréquenter était souvent verbe neutre au xvii° et au xviii* siècle :

7f;G LES FEMMES SAVANTES.

ARISTE

Eu ([iiolle csliiiio csl-il, iiioii ïrhT, aiipivs de vous?

ciiuvsAi.i:.

D'honiiiie d"honiieiii', d'cspril, do cœur, cl de coiiduilc : VA je vois pou de gens qui soioul de sou niérile.

AUISTK.

Ceiiaiu désir qu'il a couduit ici mes pas, Et je nie réjouis que vous eu fassiez cas.

CUP.YSALE.

Je conuus feu sou pèi^e eu mou voyage à Rome.

AP.ISTE

ForI bieu.

CURYSALE.

Celait, mon firio, un fort bon gentilhomme.

AKISTE.

Ou le dit.

CIir.YSALE.

Nous n'avions alors que vingl-huit ans.

Et nous étions, ma foi ! tous deux de verts-galants*

AP.ISTE

Je le crois.

CUr.VSALE.

Nous donnions chez les dames romaines -,

qtioiqn'il soit de nos jours plus volontiers pris activement, certains écrivains le construisent, comme dans ce passage, avec chez, et lui donnent le sens de venir souvent.

1. Verts-finlanls : empressés auprès des femmes. Originairement, si l'on en croit Liltré, au mot Gnlanl, les Yerls-fjalaiits furent au xv siècle des liandits ainsi nommés j)arce qu'ils se tenaient dans les bois, et qui n'eurent pas trop mauvaise réputation, parce qu'ils s'attaquaient souvent aux seigneurs et aux riches.

2. Noris donnions, nous nous lancions dansde galantes aventures avec les dames romaines. Cf. l'Avare, I, iv : « Vous donnez furieusement. aans le marquis ».

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