‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 65 sur 744 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Mossieurs et ces Dames d'ici près, pour peupler la solitude de notre !»al.

MAscARiLLE. — Vicomtc, que dis-tu de ces yeux?

joDELET. — Mais toi-même, Marquis, que t'en semble?

MASCARILLE. — Moi, jc dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes*. Au moins, pour moi, je reçois d'étranges secousses, et mon cœur ne tient plus (pi'à un fdef.

MAGUELON. — Quc tout co (|u'il dit est naturel! Il tourne les choses le plus agréablement du monde.

cATiios. — Il est vrai qu'il fait une furieuse dépense en esprit.

MASCARILLE. — Pour VOUS moulrcr que je suis véritable-, je veux faire un impromptu là-dessus.

CATHOs. — Eh! je vous en conjure de toute la dévotion de mon cœur : que nous ayons quelque chose qu'on ait fait pour nous.

JODELET. — J'aurais envie d'en faire autant; mais je me treuve' un peu incommodé* de la veine poétique, pour la quantité des saignées que j'y ai faites ces jours passés.

MASCARILLE. — Que diable est cela? Je fais toujours bien le premier vers; mais j'ai peine à faire les autres. Ma foi, ceci est un peu trop pressé : je vous ferai un impromptu à loisir'*, que vous trouverez le plus beau du monde.

JODELET. — Il a de l'esprit comme un démon.

MAGDELON, — Et du galaud, et du bien tourné.

I. Les braies élaicnt la culotte des Gaulois. L'expression proverliiale employée ici par Mascarille est assez grossière. Mais Molière cherche précisément à tirer des effets comiques de ce mélange de préciosité raffinée et de grossièreté cynique.

i. Véritable, sincère. Dans le Misanthrope, Molière dira : Un cœur ri rilable. (Acte I, se. n.)

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