‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 692 sur 744 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Il n'est rien de pins hean, comme vous avez dit,

Oue ces vœux épurés qui ne vont qu"à Tespril,

Ces unions de cœurs, et ces tendres pensées

I)u connnerce des sens si bien débarrassées.

.Mais ces amours pour moi sont trop subtilisés ;

Je suis un peu grossier, comme vous m'accusez ' ;

J'aime avec tout moi-même-, et l'amour qu'on me donne

\Ln veut, je le conlesse, à toute la persomie.

Ce n'est pas là matière à de grands cbùtiments ;

El, sans faire de tort à vos beaux senliments^.

Je vois que dans le monde on suit fort ma méthode,

Et que le mariage est assez à la mode,

Passe pour un lien assez honnête et doux,

Pour avoir désiré ■* de me voir votre époux,

Sans que la Ifberté d'une telle pensée

Ait dû vous donner lieu d'en paraître ollensée.

Hé bien, Mon^ioni- ! lié bien ! puisque, sans m'écouler, Vos sentiments biiUaux veulent se contenter; Puisque, pour vous réduire à des ardeurs fidèles. Il faut des nœuds de chair, des chaînes corporelles, Si ma mère le veut, je résous mon esprit A consentir pour vous à ce dont il s'agit.

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