‹ Théatre choisi de MolièreChapitre 702 sur 744 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

OiTavoc leur plmiie ils lonl les destins des couronnes ;

(Ju'au moindre petit bruit de leurs productions

Ils doivent voir chez eux voler les pensions • ;

Que sur eux l'univers a la vue attachée ;

Que partout de leur nom la gloire est épanchée.

Et qu'en science ils sont des prodiges fameux.

Pour savoir ce qu'ont dit les autres avant eux-.

Pour avoir eu trente ans des yeux et des oreilles,

Pour avoir employé neuf ou dix mille veilles

A se bien barbouiller de grec et de latin,

Et se charger l'esprit d'un ténébreux butin.

De tous les vieux fatras qui traînent dans les livres :

Gens qui de leur savoir paraissent toujours ivres,

Riches, pour tout méiite, en babil ini[)orlun.

Inhabiles à tout^, vides de sens commun.

Et pleins d'un ridicule et d'ime impcrlinence

A '' décrier partout l'esprit et la science.

PIIU-AMINTE.

Votre chaleur est grande, et cet emportement De la nature en vo\is marque le mouvement : C'est le nom de rival qui dans votre âme excite....

1. Souv.-nir d'Horaoo (EpisL. I. i,i. qui ilit :'i Aurfuslo : « Nous avons le •jrand toit de croire, nous aulios ))oMcs. qiio dès que tu auras appris i|uo nous composons dos vers, tu t'empresseras do nous appeler pour nous mettre à l'abri du besoin et nous lorcer à écrire ».

2. Clitandrc en veut surtout au.v compilateurs, qui « n'ont rien d'oripinal et qui soit à eux ».

.". La [îruyèro ne s'est pas montré moins sévère pour les érudits, et il leur a reprocbé, peut-être un peu léprèrement, de posséder « une science vaine, aride, dénuée d'agrément et d'utilité, qui ne tombe point dans la conversation, qui est hors de commerce, semblable à une )nonnaie qui n'a point de cours ». IDrs oiivrtujes de l'esprit. §62.)

i. A décrier, de nature à décrier....

Page 1