ACTE Y. SCÈNE DERNIÈRE. 8C
MIILAMINTE.
(ju'il a lni'ii (léfoiiverl son âme nierconaire!
Kt (|iip |ii'u iilnl()S(ii)ho, ■ est ce qu'il vient de taire!
r.MTANDUK.
Fo no me vante |tuint de l'ètie. mais enlin le m'attache. Madame, à tout votre destin, Kl j"ose vous otliir avecque ma personne (.(' t\\\'nu sait que de bien la fortune me donne.
run.VMINTE.
Vous me charmez. Monsieur, par ce Irait irénéreux, Kt je veux counuuier vos désirs amoureux. iMii, j'ac'corde Henriette à l'ardeur enqiresssée....
WF.NniETTE.
.Non. ma mère : je ohanpe à présent de pensée, r Souirrez que je résiste à voire volonté.
CLITANDKK..
(Jnoi? vous vous o|)posez à ma fi'licité?
Kt lors(prà mon amour je vois chacun se rendre....
HENRIETTE
.le sais le peu de hieii que vous avez, Clitandre, Kt je vous ai toujours souhaité pour époux, i.orsqu'en satisfaisant à mes vœux les plus doux, l'ai vu qiii' mon hymen ajustait- vos alfaires; Mais lorsque nous avons les destins si contraires, le vous chéris assez dans cette extrémité, Pour ne vous charger point de notre adversité.
nairo de dire : Je roux haise la main ». De prendre congé, on est passe dans la suite au sens de refuser.
J. Philosophe est pris ici adjectivement et sii^nifie ; digne d'un philosoplio. .Nous avons vu dans le Misanthrope (l.i
Mon flegme e^t philosophe autant que votre hile.
■2. Ajustait, accommodait.
CLITAXDRE.
Tout destin, avec vous, me peut être agréable ; Tout destin nie serait, sans vous, insupportable.
HENRIETTE
L"amour dans son transport parle toujours ainsi.
Des retours* importuns évitons le souci :
Rien n'use tant l'ardeur de ce nœud qui nous lie.
Que les fâcheux besoins des choses de la vie ;
Et l'on en vient souvent à s'accuser tous deux
De tous les noirs chagrins qui suivent de tels feux.
ARISTE
N'est-ce que le motif que nous venons d'entendre Qui vous fait résister à l'hymen de CHtandre?
HENRIETTE
Sans cela, vous verriez tout mon coeur y courir, Et je ne fuis sa main que pour le trop chérir.
ARISTE
Laissez-vous donc lier par des chaînes si belles. Je ne vous ai porté que de fausses nouvelles: Et c'est un stratagème, un surprenant secours. Que j'ai voulu tenter pour servir vos amours. Pour détromper ma sœur, et lui faire connaître Ce que son philosophe à l'essai* pouvait être.
CHRTSALE.
Le Ciel en soit loué!
PHILAMINTE
J'en ai la joie au cœur.
1. Retours, regrets revirements, qui s'accompflis'^ent dans les senlinii^nts sous l'influence des circonstances. C'est ainsi que Boileau [Art poétique, i* a dit de Ronsard, victime des caprices de l'opinion :
Vit dans l'âge suivant, par un retour grotesque, Tomber de ses grands mots le faste pédantesque.