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Souvenir de Régnier

Charles, de mes péchés j'ai bien fait pénitence.

(Satire VIII, l'Importun.)

Kli LES FACHEUX

Il l;iiil qiip je Ifi fasse un récit de raUnirp,

Car je m'en sens encor tout ému de rolère.

J'étais sur le théâtre' en humeur d'écouler

La pièce, qu'à plusieurs j'avais ouï vanter;

Les acteurs commençaient, chacun prêtait silence,

Lorsque d'un air bruyant et plein d'extravagance,

Un homme à grands canons ^ est entré brusquement,

En criant : « Holà-ho ! un siège promptement ! »

Et de son grand fracas surprenant l'assemblée.

Dans le plus bel endroit a la pièce troublée^.

Hé ! mon Dieu ! nos Français, si souvent redressés.

Ne prendront-ils jamais un air de gens sensés,

Ai-je dit, et laut-il sur nos défauts extrêmes

Qu'en théâtre public nous nous jouions nous-mT'mes,

Et confirmions ainsi par des éclats de fous

Ce que chez nos voisins on dit partout de nous?

Tandis que là-dessus je haussais les épaules.

Les acteurs ont voulu continuer leiu's rôles ;

Mais l'homme pour s'asseoir a fait nouveau fracas.

Et traversant encor le théâtre à grands pas,

Bien que dans les côtés il pût être à son aise,

Au milieu du devant il a planté sa chaise.

Et de son large dos morguàilt les spectateurs.

Aux trois quarts du parterre a caché les acteurs.

1. Sur le théâtre. L'usage qui ^éservaiit des places sur la scène aux gens du bel air, dura jusqu'en 1739. II présentait de graves inconvénients, signalés par beaucoup d'auteurs contemporains ; mais ces places, qu'on payait cher, étaient pour les comédiens un revenu dont ils ne voulaient pas se priver. « Combien de fois, dit l'abbé de Pure, sur ces morceaux de vers : Mais le voici..., mais je le vois, a-t-on pi-is pour un comédien et pour le personnage qu'on attendait des hommes bien faits et liien mis qui entraient alors sur le théâtre. » [Idée des spectacles anciens et nouveaux, 1688.)

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