‹ Théatre choisi de Regnard (volume 2)Chapitre 113 sur 168 · SCÈNE XII : M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN · texte numérisé non relu

SCÈNE XII : M. ANDRÉ, GÉRONTE, MERLIN

M. ANDRÉ

Bonjour, monsieur Merlin.

MERLIN

Votre valet, monsieur André, votre valet. {A pari.) Voilà un

coquin d'usurier qui prend bien son temps pour venir demander de l'argent.

M. ANDRÉ

Savez-vous bien, monsieur Merlin, que je suis las de venir tous les jours sans trouver votre maître, et que, s'il ne me paye aujourd'hui, je le ferai coffrer demain, afin que vous le sachiez.

MERLIN, bas.

Nous voilà gâtés.

GÉRONTE, à Merlin. Quelle affaire avez-vous donc?

MERLIN, bas à Gérante.

Je vous l'expliquerai tantôt : ne vous mettez pas en peine.

M. ANDRÉ, à Gérante.

Une affaire de deux mille écus qui me sont dus par son maître, dont j'ai le billet, et, en vertu d'icelui, une bonne sentence par corps, que je vais faire mettre à exécution.

GÉRONTE

Qu'est-ce que cela veut dire, Merlin.'

MERLIN

C'est un maraud qui le ferait comme il le dit.

GÉRONTE, à M. André.

Clitandre vous doit deux mille écus?

M. ANDRÉ, à Gérante.

Oui, justement, Clitandre, un enfant de famille, dont le père est allé je ne sais où, et qui sera bien surpris, à son retour, quand il apprendra la vie que son fils mène pendant son absence.

MERLIN, à part.

Cela va mal.

M. ANDRÉ

Autant que le fils est joueur, dépensier et prodigue, autant le père, à ce qu'on dit, est un vilain, un ladre, un fesse-mathicu.

GÉRONTE

Que voulez-vous dire avec votre ladre et votre fesse-mathieu.

M. ANDRÉ

Ce n'est pas de vous dont je veux parler ; c'est du père de Clitandre ; qui est un sot, un imbécile.

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