ACTE II
LISETTE, à Albert.
Voilà du fruit nouveau. Quel démon favorable Vous rend l'accueil si doux et l'humeur si traitable? Par votre ordre étonnant, depuis plus de six mois. Nous sortons aujourd'hui pour la première fois.
ALBERT
Il faut changer de lieu quelquefois dans la vie : Le plus charmant séjour à la &n nous ennuie.
AGATHE, à Albert.
Sous quelque autre climat que je sois avec vous. L'air n'y sera pour moi ni meilleur, ni plus doux. Je ne sais pas pourquoi ; mais enfin je soupire. Quand je suis près de vous, plus que je ne respire,
ALBERT, à Agathe.
Mon cœur à ce discours se pâme de plaisirs. II te faut un époux pour calmer ces soupirs.
AGATHE
Les filles, d'ordinaire assez dissimulées. Font, au seul nom d'époux, d'abord les réservées. Masquent leurs vrais désirs et répondent souvent N'aimer d'autre parti que celui du couvent : Pour moi, que le pouvoir de la vérité presse. Qui ne trouve en cela ni crime ni faiblesse. J'ai le cœur plus sincère, et je vous dis sans fard Que j'aspire à l'hymen, et plus tôt que plus tard.
LISETTE
C'est bien dit. Que sert-il, au printemps de son âge.
De vouloir se soustraire au joug du mariage.
Et de se retrancher du nombre des vivants?
Il était des maris bien avant des couvents ;
Et je tiens, moi, qu'il faut suivre, en toute méthode.
Et la plus ancienne, et la plus à la mode.
Le parti d'un époux est le plus ancien.
Et le plus usité ; c'est pourquoi je m'y tien*.
ALBERT
En personnes d'esprit vous parlez l'une et l'autre. Mes sentiments aussi sont conformes au vôtre :