ACTE II
ALBERT
De sa science Il a daigné tantôt me faire confidence : Il a mille secrets pour guérir bien des maux • ; Peut-être en a-t-iî un pour les faibles cerveaux.
CRISPIN
Oui, oui, j'en ai plus d'un, dont l'effet salutaire... Mais vous m'avez tantôt traité d'une manière...
ALBERT, à Crispin.
Ah ! monsieur !
Refuser, lorsqu'on vous en priait, De dire le chemin, et l'heure qu'il était !
ALBERT
Pardonnez mon erreur.
CRISPIN
En nul lieu, de ma vie, On ne me fit tel tour, pas même en Barbarie.
ALBERT
Pourrez-vous, sans pitié, voir éteindre les jours D'un objet si charmant sans lui donner secours?
{A Eraste.) Monsieur, parlez pour moi.
ÉRASTE
Crispin, je t'en conjure.
Tâche à guérir le mal que cette belle endure.
CRISPIN
J'immole encor pour vous tout mon ressentiment.
(A Albert.) Oui, je veux la guérir, et radicalement.
ALBERT
Quoi ! vous pourriez...
CRISPIN
Rentrez. Je vais voir dans mon livre Le remède qu'il est plus à propos de suivre...
I. C'est !e subterfuge employé dans l'Amour médecin et le Médecin maigri lui.
208 — LES FOLIES AMOUREUSES Vous me verrez tantôt dans l'opération,
ALBERT
Je ne puis exprimer mon obligation ;
Mais aussi soyez sûr que mon bien et ma vie...
CRISPIN
Allez, je ne veux rien qu'elle * ne soit guérie.