‹ Théatre choisi de Regnard (volume 2)Chapitre 166 sur 168 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Quels abîmes profonds s'entr'ouvrent sous mes pas ! Quel dragon me poursuit ! Ah ! traître, tu mourras : D'un monstre tel que toi je veux purger le monde. (// poursuit Albert l'épée à la main.)

CRISPIN, se mettant au-devant d'Eraste, à Albert.

Ah ! monsieur, évitez sa rage furibonde. Sauvez-vous, sauvez-vous.

ÉRASrE

Laisse£-moi de son flanc Tirer des flots mêlés de poison et de sang.

CRISPIN, retenant Erasie.

Aux accès violents dont son cœur se transporte. Je vois que j'ai donné la dose un peu trop forte.

ÉRASTE

Je le veux immoler à ma juste fureur ! CRISPIN, de même.

N'auriez-vous point chez vous quelque forte liqueur, De bon esprit de vin, des gouttes d'Angleterre, Pour calmer cet esprit et ces vapeurs de guerre? Il s'en va m'échapper.

ALBERT, tirant la clef.

Oui, j'ai ce qu'il lui faut.

Lisette, tiens ma clef ; va, cours vite là-haut ; Prends la fiole où...

Je crains en ce désordre extrême De faire un quiproquo ; vous feriez mieux vous-même

CRISPIN, de même.

Courez donc au plus tôt. Laisserez- vous périr Un homme qui, pour vous, s'est offert à mourir?

LISETTE, poussant Albert.

Allez vite ; allez donc.

ALBERT, sortant.

Je reviens tout à l'heure.

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