‹ Théatre choisi de RegnardChapitre 107 sur 135 · I. BrttU: épée do bretteur · texte numérisé non relu

I. BrttU: épée do bretteur

ÉRASTE

Ah 1 ciel ! est-il possible ?

CRISPIN

Quoi ! l'oncle de monsieur serait défunt?

LISETTE

Hélas !

Il ne vaut guère mieux, tant le pauvre homme est bas. Arrivant dans sa chambre et se traînant à peine, Il s'est mis sur son lit sans force et sans haleine : Et, raidissant les bras, la suffocation A tout d'un coup coupé la respiration ; Enfin il est tombé, malgré mon assistance. Sans voix, sans sentiment, sans pouls, sans connaissance.

ÉRASTE

Je suis au désespoir. C'est ce dernier transport Où tu l'as mis, Crispin, qui causera sa mort.

CRISPIN

Moi, monsieur I De sa mort je ne suis point la cause ; Et le défunt, tout franc, a fort mal pris la chose. Pourquoi se saisit-il si fort pour des discours? J'en voulais à son bien, et non pas à ses jours.

ÉRASTE

Ne désespérons point encore de sa vie ; Il tombe assez souvent dans une léthargie Qui ressemble au trépas et nous alarme fort.

LISETTE

Ah ! monsieur, pour le coup, il est à moitié mort ; Et moi, qui m'y connais, je dis qu'il faut qu'il meure Et qu'il ne peut jamais aller encore une heure.

ÉRASTE

Ah ! juste ciel ! Crispin, quel triste événement ! Mon oncle mourra donc sans faire un testament ; Et je serai frustré, par cette mort cruelle. De l'espoir d'obtenir la charmante Isabelle I Fortune, je sens bien l'effet de ton courroux I

LISETTE

C'est à moi de pleurer, et je perds plus que vous.

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