‹ Théatre choisi de RegnardChapitre 114 sur 135 · SCÈNE IV : LISETTE, apportant les hardes de Gérante ; ÉRASTE. CRISPIN · texte numérisé non relu

SCÈNE IV : LISETTE, apportant les hardes de Gérante ; ÉRASTE. CRISPIN

LISETTE, jetant le paquet.

Du bonhomme Géronte, en gros comme en détail. Comme tu l'as requis, voilà tout l'attirail.

CRISPIN, se déshabillant.

Ne perdons point de temps, que l'on m'habille en hâte. Monsieur, mettez la main, s'il vous plaît, à la pâte. La robe : dépêchons, passez-la dans mes bras. Ah ! le mauvais valet ! chaussez chacun un bas. Çà, le mouchoir de cou. Mets-moi vite ce casque. Les pantoufles. Fort bien. L'équipage est fantasque.

LISETTE

Oui, voilà le défunt ; dissipons notre ennui, Géronte n'est point mort, puisqii'il revit en lui : Voilà son air, ses traits ; et l'on doit s'y méprendre.

CRISPIN

Mais, avec son habit, si son mal m'allait prendre * ?

ÉRASTE

Ne crains rien, arme-toi de résolution.

CRISPIN

Ma foi, déjà je sens un peu d'émotion : Je ne sais si la peur est un peu laxative. Ou si cet habit est de vertu purgative.

LISETTE

Je veux te mettre encor ce vieux manteau fourré. Dont aux jours de remède il était entouré.

CRISPIN

Tu peux, quand tu voudras, appeler les notaires Me voilà maintenant en habits mortuaires.

Je vais dans un moment les amener ici.

CRISPIN

Secondez-moi bien tous dans cette affaire-ci.

I. Cette crainte rappelle celle d'Argan {Malade imaginaire, a. III, se. xvii)»

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