ACTE 111 — i
Si vous le haïssez, il s'en peut trouver d'autres De qui les sentiments difiéreront des vôtres.
ISABELLE, à part.
Que vois-je? juste ciel ! et quel étonnement !
C'est Ménechme, grands dieux I c'est lui, c'est mon amant.
DÉMOPHON, au Chevalier.
Je suis au désesp>oir qu'un dégoût téméraire Ait rendu son esprit à mes lois si contraire : Mais je l'obligerai, si vous le souhaitez...
LE CHEVALIER
Non ; ne contraignons point, monsieur, ses volontés : J'aimerais mieux mourir que d'obliger madame A faire quelque effort qui contraignit son âme.
DÉMOFHON
Regarde le parti qui t'était destiné :
Un époux fait à peindre, un jeune homme bien né.
Dont l'esprit est égal au bien, à la naissance.
LE CHEVALIER
J'avais tort de porter si haut mon espérance.
ISABELLE
Quoi ! c'est là le parti que vous me proposiez?
DÉMOPHON
Eh ! oui, si dans mon choix vous ne me traversiez.
Si votre sot dégoût et vos folles pensées
Ne rompaient mes desseins et toutes mes visées.
ISABELLE
A ne vous point mentir, depuis que je l'ai vu, Mon cœur n'est plus si fort contre lui prévenu.
DÉMOPHON
Vous voyez ce que fait l'autorité d'un père.
LE CHEVALIER
Vous n'avez plus pour moi cette haine sévère ? Et votre œil sans dédain s'accoutume à me voir?
ISABELLE
Mon père me l'ordonne, et je suis mon devoir.