ACTE III
M. COQUELET
Monsieur, souvenez-vous que ce sont des habits Qu'à votre régiment, l'an passé, je fournis.
MHNECHME
Mon régiment, à moi ? Cherchez ailleurs vos dettes ; Et je n'ai pas le temps d'entendre vos sornettes : Vous êtes un vieux fou.
M. COQUELET
Je suis marchand fripier :
Mon nom est Coquelet, syndic et marguillier. Si vous avez perdu, par malheur, la mémoire, Les articles sont tous contenus au mémoire. (// lui donne son mémoire.)
Tiens, voilà ton mémoire, et comme j 'en fais cas,
{Il déchire le mémoire et lui jette les morceaux au visage.)
VALENTiN, à Ménechme.
Ah ! monsieur, contre un fou ne vous emportez pas.
M. COQUELET, ramassant les morceaux.
Déchirer un billet !... le jeter à la face I... Vous êtes un fripon.
Un fripon, moi?
VALENTIN, se mettant entre les deux.
De grâce...
M. COQUELET
Je vous ferai bien voir...
VALENTIN, à M. Coquelet.
Sans faire tant de bruit, Plaignez plutôt l'état où le sort l'a réduit.
M. COQUELET
Un mémoire arrêté 1
VALENTIN, à M. Coquelet.
Ne faites point d'affaires.
M. COQUELET
C'est un crime effroyable et digne des galères.
MÉNECHME, à VaUfitin.
Laissez-moi lui couper le nez.
VALENTiN, à Ménechme.
Laissez-le aller * :
Que feriez-vous, monsieur, du nez d'un marguillier * ?
(A M. Coquelet.) Vous causerez ici quelque accident funeste.
M. COQUELET
Je veux être payé ; je me moque du reste. VALENTIN, à M. Coquelet.
Partez, monsieur, partez. Voulez-vous de nouveau Par vos cris redoublés ébranler son cerveau !
M. COQUELET
Oui, je pars ; mais peut-être, avant qu'il soit une heure, Je lui ferai changer de ton et de demeure. Serviteur.