ACTE IV — bl
VALENTIN
Je dis la vérité.
FINITTTE
Quoi I dans si peu de temps vous auriez hérité !
VALENTIN
Bon ! nous avons appris le mal de ce bonhomme, La mort, le testament, et reçu notre somme, Dans le temps que tu mets à me le demander. Mon maître est diablement habile à succéder '.
FINETTE
Oh ! je n'en doute point.
VALENTIN
Sois-en juge toi-même, Tu vois bien qu'il ferait une sottise extrême. S'il se piquait encor d'avoir des feux constants : Il faut bien, dans la vie, aller comme le temps.
FINETTE
Nous nous pc ferons bien d'amants tels que vous êtes.
VALENTIN
A son exemple aussi, je quitte les soubrettes :
Mon amour veut dompter des cœurs d'un plus haut rang ;
Je prends un vol plus fier, et suis haussé d'un cran.
Mes mains de cet argent seront dépositaires ;
Et je vais me jeter, je crois, dans les affaires.
FINETTE
Dans les affaires, toi ?
VALENTIN
Devant qu'il soit deux ans. Je veux que l'on me voie, avec des airs fendants. Dans un char magnifique, allant à la campagne. Ébranler les pavés sous six chevaux d'Espagne. Un Suisse à barbe torse et nombre de valets. Intendants, cuisiniers, rempliront mon palais : Mon buffet ne sera qu'or et que porcelaine ; Le vin y coulera, comme l'eau dans la Seine ;