I. Rimuéi : descendant par une parenté éloigné
CRISPIN
Mais, raillerie à part, nous avons grand besoin
Qu'à faire un testament Géronte prenne soin.
Si mon maître, primo, n'est nommé légataire.
Le reste de ses jours il fera maigre chère.
Secundo, quoiqu'il soit diablement amoureux,
Madame Ar gante, avant de couronner ses feux.
Et de le marier à sa fille Isabelle,
Veut qu'un bon testament, bien sûr et bien fidèle.
Fasse ledit neveu légataire du tout.
Mais ce qui doit le plus être de notre goût.
C'est qu'Éraste nous fait trois cents livres de rente.
Si nous réussissons au gré de son attente :
Ce don de notre hymen formera les Uens.
Ainsi tant de raisons sont autant de moyens
Que j'emploie à prouver qu'il est très nécessaire
Que le susdit neveu soit nommé légataire ;
Et je conclus enfin qu'il faut conjointement
Agir pour arriver au susdit testament ^
LISETTE
Comment diable 1 Crispin, tu plaides comme un ange
CRISPIN
Je le crois. Mon talent te paraît-il étrange? J'ai brillé dans l'étude avec assez d'honneur, Et l'on m'a vu trois ans clerc chez un procureur. Sa femme était jolie ; et, dans quelques affaires. Nous jugions à huis clos de petits commissaires.
LISETTE
La boutique était bonne. Eh t pourquoi la quitter?
CRISPIN
L'époux, un peu jaloux, m'en a fait déserter. Un procureur n'est pas un homme fort traitable : Sur sa femme il m'a fait des chicanes du diable. J'ai bataillé, ma foi, deux ans sans en sortir ; Mais je fus à la fin contraint de déguerpir ».
I. Crispin est de la même famille que le Scapin des Fourberies, ou Sbrigani de M. i Poufceaugnac. — 2. « Les valets et les soubrettes de Regnard ont en eux des sources c des torrents de verve ; ils ont de l'esprit, pour ainsi dire, au galop (Sainte-Beuve). •