ACTE II — 119 SCÈNE IX : GÉRONTE. ÉRASTE. LISETTE
GÉRONTE, tenant une lettre.
Je parle en cet écrit comme il faut à la mère : Je voudrais que quelqu'un me contât la manière Dont elle recevra mon petit compliment ; Je crois qu'elle sera surprise assurément.
ÉRASTE
Si vous voulez, monsieur, me charger de la lettre, Moi-même entre ses mains je promets de la mettre. Et de vous rapporter ce qu'elle m'aura dit. Et ce qu'elle aura fait en lisant votre écrit.
GÉRONTE
Cela sera-t-il bien que, toi-même, on te voie ?
ÉRASTE
Vous ne sauriez, monsieur, me donner plus de joie.
GÉRONTE
Dis-leur de bouche encor qu'elle ne pense pas A renouer l'hymen dont je fais peu de cas...
ÉRASTE
De vos intentions je sais tout le mystère.
GÉRONTE
Que je vais à l'instant te nommer légataire. Te donner tout mon bien.
ÉRASTE
Je connais leur esprit.
Elles en crèveront toutes deux de dépit. Demeurez en repos ; je sais ce qu'il faut dire. Et de notre entretien je reviens vous instruire.