SCÈNE II
les mêmes, UN BRIGADIER, gendarmes, paysans et PAYSANNES.
LÉ BRIGADIER, au trompette.
Trompette!... fais le mort... a Habitants de Pontoise, L'autorité, sachant que pour la moindre noise, Il est dedans ces lieux nombre de citoilliens Qui sebûchenl entre <mi\ comme feraienl des chiens, Se repassant, souvent pour des sujets frivoles, Calottes, coups de pied, souffleta et darioles, Vient an jour d'aujourd'hui de prendre on arrête. Qui dehors en tuant doit être exécuté.
MARIONNETTE. 263
Et sauf à recourir à des peines plus grandes,
Voici pour le présent, le tarif des amendes :
Un œil crevé, trois francs, six francs pour les deux yeux;
S'ils ne sont que pochés, quatre francs pour les deux;
Un bras démis, sept francs, cassé, sept francs cinquante;
Pour une dent, un franc, deux dents, un franc soixante ;
Pour toute la mâchoire enlevée, onze francs,
Sauf à restituer, s'il reste quelques dents ;
Pour un nez écrasé, si l'enflure est énorme,
Quatre francs, et cinq francs s'il a perdu sa forme,
Ou s'il n'en reste pas assez pour se moucher;
Mais cependant l'État ne prétend rien toucher,
Si le nez en souffrance est celui d'un carliste,
D'un chouan, d'un marquis ou bien d'un bandagiste ;
Car vu le pied-de-nez qu'ils ont pour le moment,
Il leur en restera toujours suffisamment.
Si l'un des combattants... (mais faites donc silence,
Car ce dernier article est de grande importance)
Si l'un des combattants expire sous les coups
De l'autre, celui-ci doit treize francs dix sous
A l'État...» Chacun peut en prendre connaissance.
Je vais à ce poteau suspendre l'ordonnance.
Ainsi donc, mes amis, apprenez-la par cœur.
Il attache l'ordonnance à un poteau et sort avec tout son monde. BOUCHETROU.
Au revoir, brigadier.
LE BRIGADIER, en s'en allant.
Bourgeois, j'ai bien l'honneur.