‹ Théâtre choisiChapitre 118 sur 206 · RABAT JOIE · texte numérisé non relu

RABAT JOIE

Ami, prenez le mien.

C'est un manche de fouet, mais il tape très-bien; Je m'en sers fort souvent.

IDIOT, le prenant.

C'est le ciel qui l'envoie.

Merci, mon cher... quel est votre nom?

RABATJOIE, d'une voix sépulcrale.

Rabatjoie!

IDIOT

Mille remercîmentsde votre attention...

Je ne sais pas quelle est votre profession; Vous avez une voix propre à chanter ténèbres.

RABATJOIE.

Je suis jeune premier dans les pompes funèbres.

Il va s'asseoir.

IDIOT, à part.

Emploi très-peu connu... (Haut.) Maintenant, Cuirverni,

2GS MARIONNETTE

En mesure! à nous deux, comme chez Franco ni.

L'orchestre exécute un air de marche très-éclatant, pendant lequel Idiot et Cuirverni se battent au bâton.

CUIRVERNI.

Difes donc, dites donc... vous tirez à la tète.

IDIOT

Parbleu, ne croit-il pas que je suis assez bête ; J'irais, quand j'ai dessein de le mettre à quia, Lui chatouiller les pieds ou bien le tibia !

II lui donne des coups redoublés.

Tiens, manant; tiens, butor; tiens, voilà ton affaire!

Je suis cuit.

Il tombe.

Page 1