‹ Théâtre choisiChapitre 139 sur 206 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

IDIOT, CUIHYKHM, sortant chacun d'un côté. EDIOT et CUIItYKltNI.

Notre position est assez saugrenue.

Ah! ah ! la même idée à tous deux est venue.

MARIONNETTE. 303

GUIRVERNI.

Ainsi qu'un vieux proverbe a pu le démontrer, Deux dindons quelquefois se peuvent rencontrer. Au fait, il est plaisant de nous trouver ensemble. Deux ennemis!

IDIOT

Mais c'est naturel, ce me semble.

Pourquoi vous étonner d'habiter ce local ? On met deux cornichons dans le même bocal.

CUIRVERNI, à part.

Oh ! grand Dieu qu'il est laid ! Vrai, sa figure d'homme N'est pas seulement pâle, elle est presque vert-pomme.

IDIOT

Mais, laissez-moi tranquille, et ne m'ennuyez pas. Laissez-moi réfléchir à tous mes embarras.

Il s'assied à droite, Cuirverni se met devant la table à gauche. CUIRVERNI.

Laissons-le patauger, aboyer comme un dogue, Et n'interrompons pas son touchant monologue.

Il s'appuie sur la table et s'endort.

IDIOT

As-tu bien pu tromper le meilleur des amants? Mais tu m'as fait des tours qui sont très-étonnants, Marionnette ! Et moi qui te croyais modeste ! Eh bien ! c'est pour le coup que je suis un funeste. Ah ! tu m'en as fait voir de plus d'une couleur, Et tu m'as fait aller comme un vrai rémouleur. Mais tu fis plus de tours la semaine dernière Que madame Saqui dans une année entière. Ah! grand Dieu! n'est-ce pas elle que j'aperçoi!

304 MARIONNETTE-

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