‹ Théâtre choisiChapitre 17 sur 206 · SCÈNE XYII Madame WERNER, RUTLY, KETTLY, SENNE VILLE · texte numérisé non relu

SCÈNE XYII Madame WERNER, RUTLY, KETTLY, SENNE VILLE

C'est vous, monsieur Rutly? vous qui m'appelez... quand vous savez que votre mère...

MADAME WERNER

Eh non, non, Kettly, j'ai eu tort; je t'ai fait de la peine..., tout va se réparer, je vais aller trouver ton père.

KETTLY.

Mon père? et pourquoi faire?

SENNE VILLE

Toute feinte est désormais inutile , ma chère Kettly; restez, restez toujours près de celui que vous aimez.

KETTLY, à part.

Quel langage !

SENNE VILLE

J'ai levé tous les obstacles.

44 KETTLY.

RUTLY.

Oui, tu peux maintenant m'épouser, quand tu voudras.

KETTLY.

Monsieur Rutly, c'est affreux ! vous voulez vous jouer de moi?

RUTLY, à madame Werner.

Dieu ! m'aime-t-elle ? elle a peur que ce ne soit une plaisanterie ! (a Ketih.)Tune sais donc pas..., ce brave monsieur Senneville..., il te donne une dot! quatre mille thalers...

KETTLY, douloureusement.

Quoi! c'est lui?

SENNEVILLE

Oui, moi-même; c'est un bien léger sacrifice; puisse-t-il assurer votre bonheur!

KETTLY, de même.

Une dot !

RUTLY, bas à Keltly.

N'est-ce pas que c'est honnête de sa part?

KETTLY.

Une dot! vous! vous! monsieur Senneville ! ô mon Dieu! je suis bien malheureuse!

RUTLY, à part.

Elle pleure !

S EX XM VI LLK. ,

Elle pleure! quoi sérieusement? vous vous affligez, qu'avez-vous donc? répondez, ma chère Kettly... Je ne puis comprendre...

K BTTLY, à part.

Sa chère Kettly!

KETTLY. 4.:>

SENNEVILLE

Air : Faut l'oublier.

D'où peuvent naître vos alarmes?

J'ai cru faire votre bonheur.

Me suis-je abusé? mon erreur Ferait-elle couler vos larmes ?

Est-ce le don que je vous fais ?

Je n'ai pas voulu, je le jure, Vous offenser par mes bienfaits ; C'est un ami qui vous conjure, Acceptez-les... acceptez-les...

bis.

RUTLY.

Dame ! c'est juste, ça !

KETTLY.

Même air.

Non, votre or, non, votre opulence, Ne peuvent rien pour mon bonheur Ah ! si vous connaissiez mon cœur, Vous l'auriez bien pensé d'avance.

Oui, je refuse sans regrets :

Au village on a l'âme fière ; Je ne veux pas de vos bienfaits, Ils troubleraient ma vie entière ;

Reprenez-les... reprenez-les...

KTJTLY.

Comment? comment? mais, Mademoiselle, vous n'y pensez pas.

MADAME WERNER, à part.

Que signifie ce refus?

Quelle noblesse de sentiments, Kettly ! ma chère Kettly ! vous refusez mes dons ?

KETTLY, avec dignité.

Oui, Monsieur!

KETTLY.

IVILLE.

Ce n'est donc pas Rutly que vous aimez ?

KETTLY, ks yeux baissés.

Non, Monsieur.

SENNEVILLE, à part.

Est-il possible?

Air : Fragment du quatuor du Calife de Bagdad.

Quoi! ce n'est pas Rutly, ma chère.

Que votre cœur aime en secret !

MADAME WERNER, à part.

Quel est cet étrange mystère?

KETTLY.

Non, Monsieur.

RUTLY.

Ciel !

5ENNEVIE.LE.

Il se pourrait!

Quoi ! serais-je celui qu'elle aime !

Gourons vers Franz à l'instant même.

Quel moment !

RUTLY, à part.

Dieu ! je suis trahi.

MADAME WERNER, à part.

La coquette a trompé Rully.

KETTLY.

Cruel moment ! douleur extrême !

J'ai failli me trahir moi-même; Je le sens, d'amour et d'effroi Mon cœur palpite malgré moi.

RUTLY.

{ Cruel moment! surprise extrême I Ce n'est pas moi que son oœur aime; La perfide a trahi ma foi ; Je suis indigné malgré moi.

MADAME WARNER

Ali ! quelle horreur 1 surprise extrême I Quoi! ee D'est pas Rutly qu'elle aime!

KETTLY. 47

La coquette a trahi sa foi ;

Mon cœur s'indigne malgré moi.

SENNEVILLE

^SEMBLE ^ S'il était vrai ! bonheur extrême !

Courons vers Franz à l'instant même.

M'engagerait-elle sa foi ?

Ce trésor serait-il pour moi ?

Après l'ensemble, Kettly va s'asseoir sur le banc qui est devant le cbalet de son père ; elle paraît accablée par la douleur, Senneville s'éloigne rapidement.

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