SCÈNE XYIÏI Madame WERNER , RUTLY, KETTLY
RUTLY.
Voilà donc, Mademoiselle, comme vous vous comportez... fi! fi! je vous dis, vous voulez me rendre malheureux... je le serai, ça sera bien fait ! c'est vous qui en serez cause !
KETTLY, d'une voix faible.
Rutly ! ce ne fut jamais mon dessein.
MADAME WERNER
Une dot de quatre mille thalers ! la refuser, ça ne se conçoit pas 1 Après tous les chagrins que m'a donnés cet amour-là !
KETTLY.
Madame, épargnez-moi vos reproches ; je ne les mérite pas.
MADAME WERNER
Cofrimcnt après avoir promis à mon fils...
KETTLY.
Monsieur Rutly sait que jamais...
RUTLY.
C'est vrai, elle ne me l'avait pas dit; mais elle a dit à son père qu'elle m'aimait.
KETTLY, vivement.
Jamais ; je l'aurais trompé, et j'en suis incapable.
RUTLY.
Alors, vous ne m'aimez pas, c'est clair !
MADAME WERNER
Rentrons, mon fils ; car la colère... c'est une horreur, une indignité.
RUTLY, hors de lui.
Mademoiselle..., je rentre..., je rentre chez ma mère : vous viendrez m'y chercher, quand votre caprice sera passé, parce que je sais bien qu'au fond vous m'adorez.... Eh bien ! non, je ne voudrai plus...; je serai cruel, je serai barbare... Rentrons, ma mère.
lis rentrent tous deux.